Rennes : un loyer unique pour les logements sociaux

Depuis la rentrée de septembre 2018, Rennes Métropole met en place un loyer unique pour la location des logements sociaux. Cette expérimentation inédite doit favoriser la mixité sociale. Toutefois, cette expérience ne semble pas faire l’unanimité. Les associations de locataires pointent certaines limites de ce dispositif.

Les logements sociaux de Rennes vus du ciel

Qu’est-ce qu’un loyer unique ?

Bien que le gouvernement ait modifié certaines règles du logement social, le 17 juillet 2018, Rennes Métropole a décidé d’instaurer un loyer unique pour les logements sociaux. Ce dispositif a pris forme via la signature d’une convention d’utilité sociale. Cette dernière permet d’imposer un loyer unique à tous les logements sociaux en fonction de leur typologie. De ce fait, pour un logement T2 situé en centre-ville et pour un appartement T2 situé en périphérie, le loyer sera identique.

« On constate une grande inégalité de loyers, particulièrement marquée entre le parc le plus ancien, situé principalement dans les quartiers fragilisés, à Rennes, et le reste du parc, restreignant ainsi le choix des ménages les plus modestes. » – Honoré Puil, vice-président au Logement à Rennes Métropole

Selon les élus de la métropole, cette initiative doit permettre de favoriser la mixité sociale. Ce dispositif donne également un accès égal à l’ensemble des parcs et des territoires. Cette mesure, qui concerne 36.000 logements, sera appliquée au fur et à mesure des mouvements locatifs (nouveaux entrants et relocation).

Toutefois, ces objectifs semblent nuancés par les associations de locataires.

Des loyers qui diffèrent selon les zones

La promesse d’un loyer unique sur l’ensemble du parc (loyer identique pour tous les T2, T3, T4, etc), n’est pas respectée dans son intégralité.

« Il s’avère que les loyers différeront selon la zone. Ainsi, un appartement T2 situé à Pacé (zone 3) aura un loyer de 292 €, alors qu’à Saint-Jacques, situé en zone 2, le loyer sera de 315 €. » – Maguy Gaillard, représentante de la Confédération nationale du logement (CNL)

La performance énergétique et les charges (fixées en fonction de la surface du logement) peuvent également faire varier les loyers. Par ailleurs, les logements réhabilités auront une majoration.

Une mixité nuancée

« On nous assure que le loyer unique permettra de favoriser la mixité sociale, mais celle-ci ne concernera que ceux qui sont éligibles au logement social, donc les plus défavorisés. » – Maguy Gaillard

Par ailleurs, la demande locative risque de se concentrer principalement en centre-ville, délaissant alors les quartiers situés en périphérie.

L’augmentation des loyers

Sur la totalité des logements concernés, 59% vont supporter une augmentation des loyers. L’évolution de l’aide personnalisée au logement (APL) risque également de faire évoluer les « loyers uniques », qui sont entièrement basés sur cette aide.