Mal-logement : le triste constat concernant les jeunes européens

Depuis 2010, le nombre de mal-logés en Europe ne cesse de croître. Selon une étude de la Fondation Abbé-Pierre et de la Fédération européenne des associations nationales (Feantsa), ces chiffres touchent particulièrement les 18-24 ans. Publié ce mercredi, le rapport montre le côté obscur de l’Europe.

Drapeau de l'Union Européenne


La hausse des prix immobiliers

Cette situation s’explique par une augmentation continue des prix immobiliers. Entre 2010 et 2016, le coût du logement pour les ménages pauvres a augmenté dans les ¾ des Etats membres de l’Union Européenne.
Pour beaucoup, les dépenses liées au logement font l’objet d’une attention particulière.

Les jeunes de 18 à 24 ans consacrent près de 40% de leurs revenus pour leur habitat. Ce pourcentage peut atteindre 46,9%% en Grèce, 38,6% au Danemark, 21,2% en Bulgarie, 19,9% au Pays-Bas, 19% en Angleterre, 17,1% en Allemagne et 11,5% en France.
  

La hausse du chômage en Europe

En plus de ces dépenses, les jeunes doivent faire face à une hausse importante du chômage. Les coupes budgétaires dans les aides sociales, dues aux politiques d’austérité, viennent également compliquer la situation.

Le marché immobilier tendu des grandes villes

Ces conditions poussent indéniablement les jeunes européens à vivre dans des logements de mauvaise qualité. Insalubres, mal chauffés ou encore colocations surpeuplées, voici un tableau bien noir.

Bien que les grandes villes offrent plus d’opportunités d’emplois, elles pâtissent d’un marché immobilier tendu. En seulement 6 ans, les logements surpeuplés ont augmenté dans près de 10 pays européens : notamment en Grèce, en Autriche, en Espagne, en Belgique et aux Pays-Bas.

Des facteurs sociaux qui poussent au mal-logement

 

  
Parmi les SDF, on compte de plus en plus de jeunes européens. Ce triste constat s’explique par des facteurs sociaux qui aggravent les difficultés liées au logement. Les jeunes étrangers, ceux qui n’ont pas de diplômes, ceux qui ont des familles monoparentales ou encore ceux qui sortent de l’aide sociale à l’enfance ont beaucoup de mal à faire valoir leurs droits.

Par conséquence, la devise du « reste chez tes parents » est en hausse dans plusieurs pays. Il est convenable de s’interroger sur cette pratique. Le blocage de l’autonomisation est-il réellement sans répercussions ?

Plusieurs associations contre le mal-logement tapent du poing sur la table. Des fonds européens pour aider les jeunes à se loger pourraient donc être débloqués. D’autres initiatives, telles que l’agence immobilière sociale, peuvent aussi leur venir en aide. A noter qu’un changement, consistant à transférer les jeunes SDF dans un logement, tout en ayant un accompagnement social, est à l’étude. Cette reforme permettra d’éviter leur désocialisation dans un hébergement d’urgence.