La précarité et le mal-logement s’installent à Toulouse

La ville rose se bouge ! Afin de sensibiliser au mal-logement, des associations du droit au logement ont mené plusieurs actions le mercredi 15 novembre à Toulouse. Ils se sont réunis dans le but de dénoncer l’absence de dispositifs hivernaux dans le département. En effet, le constat est plus qu’alarmant : ce sont près de 85 familles, dont 135 enfants et nourrissons, qui dorment dans les rues toulousaines.

Le mal-logement dans la ville rose
Source photo : lavie.fr

La ville rose : une vie pas si rose pour les personnes en détresse

Chaque soir, 85 familles appellent le 115 et ne peuvent trouver une réponse positive à leur demande de prise en charge. Selon le collectif, la dégradation de la situation économique de la Haute Garonne est en partie responsable de l’augmentation de ce genre de demande. Le département, et la région, accumulent un grand retard dans la construction de logements sociaux et dans le nombre d’hébergements d’urgence.

Quelques chiffres concernant le mal-logement en région toulousaine

 

Pour pallier à ce manque, certaines personnes sont hébergées dans des hôtels. Près de 400 personnes par jour y sont hébergés depuis le début de l’année. Néanmoins, d’après les associations, les hôtels ne suffisent plus et sont d’ores et déjà saturés.

La préfecture compte 4819 places d’hébergement généraliste et 1301 places pour l’accueil des migrants. Cela n’est pas suffisant pour Anne Potelé, membre de la Fédération des acteurs de la solidarité en Occitanie, qui commente :

« Cela relève du devoir de l’Etat. Au niveau local, les élus et la préfecture sont pieds et poings liés […] Lors de son passage à Toulouse, Emmanuel Macron avait promis que personne ne serait à la rue au 31 décembre. Ce n’est pas le chemin que cela prend»

Des familles et des jeunes désemparés

Jeunes à la rue dans Toulouse
Source photo : chronicle.co.zw

Expulsée de son logement, une famille vit à la rue, sans avoir de solution. Parmi elle, une petite fille scolarisée en 5ème avoue ne plus arriver à suivre. Dormant sous une tente près d’un jardin public, elle sent du rejet et des moqueries de la part de ses camarades. Un petit garçon, quant-à-lui, en classe de CM2 dors depuis plusieurs mois en plein centre-ville avec sa famille.

Beaucoup d’enfants s’endorment en classe ou font leurs nuits à l’école. Ils ressentent une grosse pression et un grand sentiment d’injustice. Ce n’est pas une scolarité normale pour ces jeunes. Les lycéens sont aussi concernés. Certains squattent dans des hôtels désaffectés…

20% des jeunes vivent sous le seuil de pauvreté et le nombre de SDF a fortement augmenté depuis l’hiver dernier.

Dormir dans un hall d’immeuble ou vivre dans une voiture n’est pas facile. Pourtant, tel est encore le quotidien de plusieurs familles toulousaines. Les organisations rappellent qu’en plus de ces personnes sans domicile, d’autres souffrent de la précarité de leur logement et vivent, bien souvent, dans des bidonvilles ou des squats.