PACA : rencontre avec une famille victime du mal-logement

La fondation Abbé Pierre a publié son rapport annuel sur la pauvreté et le mal-logement. Cet état des lieux est pour le moins alarmant… Une famille a décidé de faire taire le silence. Voici le récit du cauchemar qu’elle a vécu pendant plusieurs années.

Logement insalubre
Source : La Croix

Précarité et mal-logement, le récit d’une famille

Précarité + mal-logement = insalubrité. C’est à Vitrolles qu’une mère de famille a décidé de prendre la parole. Pendant plus de deux années, elle et sa petite famille ont habité dans un T3 situé dans la cave d’un hôtel de la ville. Elle témoigne de l’insalubrité de ce logement et surtout des séquelles indélébiles que cela leur a valu : enfant souffrant de graves problèmes respiratoires, choc psychologique, etc.

 » Les excréments issus de l’hôtel remontaient et débordaient de mon lavabo et de mes toilettes. On était inondés ».

« Le plus petit souffre de graves problèmes respiratoires à cause de l’humidité et le plus grand est traumatisé : il fait toujours des cauchemars deux ans après et aujourd’hui, il consulte un psychologue. »

La famille a décidé de porter plainte contre leur ancien propriétaire. Désormais, elle réside dans un logement décent et tente de se reconstruire.

La situation du mal-logement en PACA


En englobant les SDF et les personnes logées dans des conditions précaires, on compte environs 4 millions de personnes mal-logées en France.

En région PACA, cette situation concerne plus de 345 000 personnes. A Marseille, 100 000 personnes vivent dans un logement insalubre. Selon Fathi Bouaroua, direction de la Fondation Abbé Pierre en région PACA, il n’y a pas assez de logements sociaux. Les systèmes d’hébergement sont défaillants et les charges locatives sont en augmentation constante.

En 2013, 15.8% des habitants des Alpes-Maritimes et 15,7% du Var vivaient sous le seuil de pauvreté (soit près d’un sixième de la population nationale). En 2016, 154 000 demandes de logements sociaux a été faite… Une demande largement supérieure à l’offre réelle : 9% à Antibes, 10% à Fréjus et 13% à Nice (alors que la loi en pose seulement 25%).

Par ailleurs, pour lutter contre ces situations de précarité, Christophe Robert, délégué régional de la Fondation Abbé Pierre, lutte contre la baisse des APL. Au-delà des 4 millions de personnes mal-logées, on compte également plus de 12 millions de personnes en situation de fragilité par rapport au logement.   Un constat alarmant, dont Emmanuel Macron tiendra compte dans son nouveau mandat.